Enlèvements, séquestration, atrocités, injustice et impunité au Tchad : le cas Mahamat Taher Ali Nanaye

Posté le 8 Oct 2013 - 3:49 Par La Rédaction

Sa révélation dans une saisissante interview sur Tchadanthropus Tv est entrain de faire un véritable buzz sur la toile : en effet, dans ce pathétique entretien-vérité à donner la chair de poule (voir ci-après la vidéo), le grand diplomate tchadien Mahamat Taher Ali Nanaye –  en exil depuis plus de deux mois –  dévoile au monde entier comment il a été kidnappé, tabassé, torturé, affamé et humilié pendant cinq jours dans un sombre cachot en pleine capitale du Tchad. Après ça, il a quitté son pays.

Enlèvements, séquestration, atrocités, injustice et impunité au Tchad : le cas Mahamat Taher Ali Nanaye

Un récit insoutenable illustrant toute la mesure des horreurs qu’endurent stoïquement les tchadiens depuis 23 ans sous le joug d’un régime liberticide, assassin, prévaricateur et surtout autiste : voilà ce qu’est l’interview qu’a accordée le 1er octobre dernier le diplomate et homme politique Mahamat Taher Ali Nanaye à la dynamique de Tchadanthropus Tv sous le micro de Mahamat Assileck HALATA.

Depuis son retour au Tchad en 2003, Mr Mahamat Taher Ali Nanaye avait occupé de hautes fonctions au ministère des Affaires étrangères du Tchad.
Ancien militant très actif du Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad (MDJT) pendant de longues années, il n’était revenu au Tchad qu’en 2003, à la faveur d’accords signés entre une partie de cette formation politique et le gouvernement tchadien.
Très vite, au constat quotidien des atrocités exercées par le régime MPS sur le peuple, cet homme viscéralement épris de liberté ne ratait jamais la moindre occasion – et souvent publiquement – pour fustiger les inacceptables injustices devenues la règle dans ce pays qu’il ne reconnaissait plus. Cela lui a certainement valu le terrible honneur de bénéficier de l’intérêt de l’ANS, la police politique de sinistre réputation qui ne fait de cadeau à personne, surtout ceux qui osent se prendre pour des justiciers.
Les sinistres exécuteurs des basses œuvres du régime Deby avaient-ils l’intention d’abattre ce grand diplomate dans le secret d’une sombre cellule, ou de seulement le « corriger copieusement » afin qu’il comprenne que dans ce pays, personne n’a le droit d’avoir une opinion ? Et que, dès lors qu’un homme, quel que soit son statut,  ne se met pas à genoux pour adorer Deby, tout peut lui arriver à tout moment. Il peut même disparaitre sans autre forme de procès.
                  
Quoi qu’il en soit, il y a six mois, cet homme a subi les tortures les plus barbares dans l’enceinte de l’une des innombrables geôles de la police politique (ANS) du régime. Il a été enlevé en pleine rue, sorti de sa voiture, sauvagement tabassé, menotté et attaché comme un singe,  jeté en pâture à des tortionnaires dans une cour, puis enfermé dans une cellule sans la moindre explication. Pendant cinq jours, en dépit d’horribles  blessures aux bras, sur les jambes,  à la tête, et d’horribles ecchymoses çà et là sur son corps mutilé.     
 
Au bout de cinq jours d’un traitement d’horreur,  il n’aura eu la vie sauve que grâce à un agent de l’ANS – tous ne sont pas forcément des monstres –  qui l’a reconnu et soufflé son identité à ses geôliers qui n’avaient certainement pour seule mission que de le « traiter ».
 C’est ainsi que lui furent remis avec une froide arrogance, sa voiture, ses téléphones, ses documents, et on lui montra la porte de sortie.  Comme on l’aurait fait d’un chien qui n’a plus rien à faire là. Le  diplomate regagna péniblement son domicile, se fit consulter et soigner par un médecin de l’Antenne médicale française de N’Djamena, puis plus rien ! 
Rien, jamais,  ne lui fut dit pour justifier  – ou à tout le moins expliquer – son arrestation, et toutes les humiliations qui l’ont émaillée. Ce qui motiva sa décision irréversible de s’éloigner d’abord le plus possible du Tchad pour un exil dans lequel il se battra jusqu’au bout contre l’injustice au Tchad et partout en Afrique.
La preuve, il était en première ligne il y a quelques semaines dans une manifestation organisée par des centrafricains à Paris. (Voir la vidéo)

Malheureusement des situations comme celle-là, on en dénombre des milliers au Tchad. C’est ce qui dope carrément Mahamat Taher Ali Nanaye pour un combat total contre les barbaries multiples d’un régime à bout de souffle.
La Rédaction

Note : Voici quelques photos de capture d’écran de la vidéo réalisée par notre compatriote Mahamat Assileck HALATA.


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2 Commentaires N'hésitez pas à rejoindre cette conversation.

  1. Holi adam 14 octobre 2013 à 21 h 25 min - Reply

    Sous le régime de Idriss Deby le Tchad venait de montrer à la face du monde libre qu’il ne respecte pas les conventions internationales qu’il avait ratifié depuis des années.
    Si certaines de ces conventions internationales interdisaient les pays signataires de ces conventions contre la pratique des tortures sur toutes les formes, mais malheureusement notre pays le Tchad continuait aux vus et au sus de tous (la communauté internationale) les faisait subir injustement pour certaines catégories de personnes, les voilà comme justifie et démontre très clairement les traces de ces tortures sur le corps de notre grand frère mahamat ali Tahir.
    Aujourd’hui dans les prisons du Tchad, ces tortures sont pratiquées sur certaines personnes innocemment arrêtées telles que :
    Les tortures d’ARBATACHAR
    Les tortures électriques pratiquées sur les partie sensibles (génitale, les ongles)
    D’autres tortures d’ordres psychologique sont pratiquées de-fois en dehors des prisons par l’agent de l’ANS en les enlevant , certains prisonniers en les emmenant en dehors des villes. Ils les font descendre les prisonniers fortement ligotés et les font coucher et à côté de ces derniers attachés comme un mouton prêts a être égorgés , ils déposaient des briques et ils demandaient de faire leurs prières , en leur signifiant que c’est leur dernier jour.
    Expressément ils tiraient avec leurs armes à feu sur les briques et des morceaux des éclats des briques tombaient sur les victimes en faisant semblant qu’ils sont loupé leurs cibles.
    Les prisonniers apeurés par cette torture vont raconter n’importe quoi pour qu’ on ne les tuent pas.

    Voilà les lois de pays des itnos
    Holi adam

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