En finir avec la négative image militariste du Tchad

Posté le 17 Oct 2013 - 4:33 Par La Rédaction

Des quatre coins de l’Afrique, observateurs et analystes politiques de tous bords sont unanimes une effrayante réalité : depuis plus de quinze ans le Tchad s’est taillé de manière forcenée un faciès et des muscles d’Etat militaire, d’Etat menaçant et systématiquement va-t-en-guerre. En un mot, comme en cent, le Tchad fait peur aux pays qui lui sont limitrophes et donne des frissons au reste de l’Afrique.

En finir avec la négative image militariste du Tchad

Arrivé au pouvoir par les armes il y a 23 ans, Idriss Deby Itno n’a jamais vécu que dans la seule logique de la terrifiante force de celles-ci. Les armes et la guerre sont pour lui des obsessions, des hantises qui lui collent à la peau et polluent son esprit.
Pour asseoir un pouvoir sans partage, dès sa prise de pouvoir, il s’est investi à tuer et enterrer tous ceux qui, dans son entourage immédiat ou dans la société civile tchadienne, auraient pu lui opposer la moindre résistance, ou lui rappeler qu’il a pris le pouvoir de force et qu’un jour proche ou lointain il quittera ce pouvoir.
Le premier grand pic de sa folie des armes s’est révélé quand il s’est obstiné  – pendant des années –  à héberger, nourrir, et armer les combattants du MLJC, ennemis irréductibles de son voisin Omar el Béchir, le chef de l’Etat Soudanais.  Pourtant, c’est bien ce dernier qui l’avait logé, armé et lui avait même fourni des miliciens, des véhicules et de l’argent qui lui avaient permis de renverser Hissein Habré.
Il faut le dire, contre toute logique, Idriss Deby avait souhaité la chute de son homologue soudanais avec obstination –.
Mais, son plan ne se réalisa pas. Du moins, il ne s’est pas encore réalisé.
Encore que son activisme sous-terrain, en direction du Soudan, ces quatre dernières semaines n’est guère très rassurant. On soupçonne en effet le dictateur tchadien de vouloir envoyer ses soldats afin que ceux-ci aillent jouer les Rambo au Soudan pour mater la grogne sociale ayant jeté, ces derniers jours,  le peuple soudanais dans la rue à cause de l’augmentation brutale du prix de l’essence.
Hégémonique, l’Etat tchadien avait carrément décidé de l’être à compter du moment où le Sultan-Président du Tchad a commencé à rêver de devenir le Kadhafi bis du continent. Cela date en fait d’avant la mort du « Guide » de la Jamahiriya libyenne.
Tout doucement, et sans faire beaucoup de bruit, on avait vu Idriss Deby jouer un rôle occulte ou direct dans les coups d’états à répétition qui se sont succédé en Centrafrique. On avait vu le Tchad servir de rampe de lancement aux troupes insurgées, et en même temps de terre d’asile aux dirigeants éjectés. Sans oublier le fait pour l’armée tchadienne d’avoir servi de force tampon entre les rebelles et les forces loyalistes.
A deux reprises, on y avait vu François Bozizé déposer ses valises à N’Djamena et reprendre des forces pour monter de nouveau à l’assaut du pouvoir. Dopé par Idriss Deby.
Bozizé installé au pouvoir à deux reprises grâce à l’armée tchadienne, on avait vu Idriss Deby arrêter frénétiquement ses opposants  au Tchad, les embastiller à N’Djamena ou à Koro Toro, et parfois –  comme dans le cas du colonel-médecin Charles Massi –  les livrer pieds et poings liés à l’armée centrafricaine à la frontière des deux pays.
Pour ce dernier cas, on n’a plus jamais revu le célèbre homme politique qui, après avoir été livré aux hommes de Bozizé à la frontière tchado-centrafricaine, a tout simplement disparu depuis lors.
Personne ne l’a plus jamais revu. Comme s’il s’était volatilisé.
Jusqu’à ce jour, ni Bozizé, ni Deby ne disent clairement ce qui est en réalité arrivé au malheureux ancien ministre. Une disparition qui ne manque, en tout cas pas de rappeler celle de l’opposant tchadien Ibni Oumar qui, on s’en souvient, avait  été arrêté en plein jour à son domicile en février 2008 par des soldats de la Garde présidentielle tchadienne, et qui n’a plu jamais réapparu.
On a vu la même armée tchadienne servir de garde prétorienne à François Bozizé jusqu’au moment où celui-ci l’avait remplacée par des militaires sud africains. Ce que, soutiennent des langues bien informées, Deby n’aurait jamais pardonné à Bozizé.
Par la suite, et dans le cadre des offensives de la rébellion Séléka, le rôle de l’armée tchadienne n’a pas été des moindres, ni au moment où elle a semblé jouer le rôle de force d’interposition, et encore moins au moment où, l’arme eu pied, elle avait laissé passer les miliciens de Michel Djotodia.
Après la prise du pouvoir par la Séléka, la sérénité n’est toujours pas revenue en Centrafrique, ce qui offre le prétexte à Idriss Deby d’offrir ses bons et loyaux services aux nouveaux maitres du pays au cas où …
En fait ce qui a définitivement donné la grosse tête à Idriss Deby, c’est bien l’intervention de son armée au Mali, avec en prime les succès que ses soldats y ont collectionné, au point d’être présentés pour l’heure en Afrique comme de supers soldats ne craignant ni djihadistes, ni diable.
La foudroyante efficacité des soldats tchadiens dans les massifs des Ifoghas ont hypertrophié l’égo du président tchadien qui inquiète autant ses voisins de la CEMAC (Cameroun, Centrafrique) que le Soudan, la Libye, le Cameroun, le Nigeria ou le Niger, autant de pays que le potentat commence à considérer comme son arrière cour.
La conséquence en est que le Tchad est indiscutablement catalogué comme un pays surarmé, toujours prêt à s’ingérer dans tout conflit militaire venu, et dans tous les cas disposé à plonger dans tout conflit asymétrique. Une image qui n’a rien de reluisant, et qui rappelle un peu celle qu’a reflétée la Libye de Mouammar Kadhafi quand celui-ci, rendu fou par l’argent du pétrole et son armement, se payait le luxe de défier le monde entier, et même de menacer de grandes puissances occidentales.
Cette image peu enviable que présente aujourd’hui le Tchad afflige le Mouvement d’Action pour le Changement au Tchad (MACT). Le MACT ne prônera jamais que la paix entre les peuples et surtout avec nos voisins. Cette diplomatie du doigt sur la gâchette et de prestation militaire permanente menée systématiquement par le régime au pouvoir à N’Djamena ne sera jamais à l’avantage du Tchad. Notre cher et beau pays doit cesser de refléter l’image d’un pays marchant au pas de l’oie sur le sillage de certains pays et des régimes de la même veine qui ne peuvent se définir qu’à partir de leur puissance militaire réelle ou supposée.
Ce ne sont ni l’interventionnisme militaire à tout propos, ni la méfiance permanente et les regards de travers de la communauté internationale qui feront du Tchad un pays émergent à l’horizon 2025 – comme le clame si pompeusement la propagande officielle –  mais plutôt la confiance que doit inspirer notre pays. Une confiance qui sera assise sur la solidité de nos futures institutions, sur la fiabilité même d’une armée nationale dont les soldats ne seront plus des prestataires de guerre ou des justiciers de pacotille. Une armée nationale est faite pour assurer la protection des frontières d’un pays, ainsi que ses institutions. Le rôle peu honorable que le potentat de N’Djamena fait jouer à notre armée finira par lui ôter tout prestige. C’est ainsi qu’il importe d’en finir avec cette image négative d’Etat militariste du Tchad. Et nous y arriverons Inch’ALLAH !
La Rédaction
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2 Commentaires N'hésitez pas à rejoindre cette conversation.

  1. Tchadi Tchawoumi 29 octobre 2013 à 22 h 17 min - Reply

    Qu’est ce que cherche Idriss Deby en intervenant militairement en Centrafrique ?
    Le renard du désert comme aimait appeler certains médias occidentaux, Idriss Deby ne mérite pas ce feu-vert d’intervenir partout en Afrique.
    Alerte ! L’armée tchadienne n’est pas une armée professionnelle, elle pouvait en commettre d’autres gaffes plus graves, demain l’image du Tchad sera en terni.

    Tchadi Tchawoumi

  2. Yiguiri Tougoin 29 décembre 2013 à 21 h 28 min - Reply

    Tchad : Le rêve de Idriss Deby de son Vivant !
    Depuis le scenario du dernier coup d’État, Idriss Deby commençait à délirer des fois lors de leurs conseils des familles Itno et des reuinion interbilia .
    Oh ! si GADAFI est encore là, on aurait fait ensemble des choses miraculeuses pour l’Afrique ! Disait Idriss Deby !
    Je leur enverrai des commandos, a ceux qui soutiendraient les opposants Tchadiens(les mercenaires)
    Si les arabes, les Ouaddaiens, les goranes, les borogats, les hajaraies ; les tama et les Zakhawa ne restent pas tranquilles, je peux leur montrer qui-suis je ? Ils me connaissent tous, moi Idriss Deby Itno et d’ailleurs tout le monde sait que je suis brave et stratège et je ne traverserais le chari et le logone comme ils avaient fait Goukouni wedei et Hissen Habré. si je laisse le pouvoir, je léguerai a mes enfants et mes petits enfants, ils sont nombreux garçons et filles, ils sont capable de gouverner et gérer le Tchad avec nos alliés de l’intérieur et ceux de l ‘extérieur. Vous allez voir nos forces de sécurités tchadiennes vont libérer le monde entier des mains des forces du mal. Et après la fin cette mission, le monde entier viendra s’agenouiller devant moi et en ce moment que je succéderai le roi des rois « feu gaddafi cher papa » Idriss Deby I renaissance I.

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