Choquant : L’indifférence d’Idriss Deby à la suite des attentats terroristes à N’Djamena

Posté le 8 Août 2015 - 4:33 Par La Rédaction

Le 15 juin dernier, personne ne l’a oublié, un double attentat terroriste exécuté de façon simultanée en deux points différents de la ville de N’Djamena avait bouleversé toute la nation Tchadienne. Plusieurs dizaines de morts, plus d’une centaine de blessés sur le carreau : il faut le dire la facture a été lourde, salée et cruelle.

Amdjarass - ville natale créeé de rien par Idriss Deby

Amdjaress, le village natal d’Idriss Deby  – inexistant avant l’avènement du MPS en 1990  -, construit avec l’argent des contribuables tchadiens.

Idriss Deby Itno n’était pas au Tchad. Il  participait au sommet des chefs d’États en Afrique du Sud. Revenu en catastrophe, et alors que le peuple s’attendait à ce qu’il dise quelque chose – ou compatisse au malheur de ses concitoyens si durement frappés – le sultan est resté muet comme une carpe, à part une fade déclaration télévisée adressée à la nation. Ni condoléances à qui que ce soit, ni message de commisération. Les tchadiens savent qu’il a un cœur de pierre, mais tout de même …

Avant cela, le 29 juin, lors de la perquisition du domicile d’un individu suspect par la police,  ce dernier fait exploser sa bombe, et une fois de plus, des tchadiens –policiers et civile –  ont été tués.

Deux semaines plus tard, rebelote le 11 juillet 2015 : Un terroriste déguisé en femme est sur le point de pénétrer par l’entrée sud du marché central de N’Djamena. Grâce à la vigilance d’un gendarme en faction qui manifeste la volonté de la fouiller, il actionne sa bombe et provoque la mort de 16 personnes auxquelles se sont ajoutés 80 blessés. Un carnage !

N’eût été l’application du strict respect des instructions de sécurité, ce terroriste criminel habillé en femme se serait enfoncé au plus profond du marché pour tuer certainement plusieurs centaines de personnes. Autant dire que l’héroïsme du malheureux gendarme  – déchiqueté  en premier – a sauvé la vie de plusieurs dizaines de personnes.

Malheureusement, une fois de plus, Idriss Deby est resté de marbre : pas un traitre mot de condoléances à l’endroit des familles des victimes, et – plus grave – aucune félicitation ou évocation de ce gendarme qui mériterait d’être cité en modèle.

Partout au monde, les chefs d’États se plient toujours avec empressement au douloureux devoir de compatir aux malheurs de leurs populations – comme on vient de le voir avec Paul Biya au Cameroun, après l’attentat terroriste de Fotokol, la veille de celui de N’Djamena – mais au Tchad, rien ne trouve grâce aux yeux de ce Président – militaire aux yeux injectés de sang.

Ce qui tétanise le peuple tchadien est que, malgré cette cascade de malheurs et de mauvais coups du sort, le président de la république s’est tranquillement envolé en villégiature dans son propre village, sans avoir eu la délicatesse d’évoquer l’ombre seulement d’une seule solution en rapport aux multiples angoisses qui pèsent sur le pays : Pas la moindre préoccupation sur la faillite des banques, et encore moins sur le non-paiement des salaires, le spectre de la menace de plusieurs grèves annoncées, et encore moins sur Boko Haram qui donne des insomnies aux tchadiens.

A l’évidence, le Sultan Président est en nage. Il ne dit rien, ne rassure personne malgré la sclérose de son administration et le malaise généralisé qui oppresse le pays. Il a choisi d’aller se goinfrer à Amdjaress, de faire un tour éclair dans la capitale à l’occasion de la fin du Ramadan, et de replonger sa tête – comme une autruche – dans le sable et cailloux d’Amdjeress.

Tchadiens, jugez-en vous-mêmes : Votre Président fait peu cas de vos malheurs. Et ce ne serait pas peu de dire qu’il a d’autres chats à fouetter que de s’apitoyer sur votre sort.

La preuve, dès le lendemain de l’attentat du marché central, il est crânement allé en villégiature dans son village à Amdjaress, accompagné de sa valetaille ministérielle et d’un impressionnant cortège de camions frigorifiques bourrés de victuailles et de camions citernes – il n’y a pas d’eau là-bas.

Histoire, sans doute de se boucher les oreilles au bruit des pleurs et des cris des familles des victimes des bombes de Boko haram.

Mahamat I.

Abéché (Tchad)

(Lundi 20/07/15)

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