Tchad : Où se trouve le président de l’Union des Étudiants tchadiens arrêté et embastillé dans un lieu secret ?

Posté le 15 Août 2015 - 7:44 Par La Rédaction

Deux jours seulement après la commémoration du 55è anniversaire de l’Indépendance du Tchad, le régime Idriss DEBY démontre qu’il persiste et signe dans son indécrottable obsession du non respect des droits fondamentaux de la liberté et des libertés dans notre pays sur fond de menaces, d’arrestations et de répressions sauvages :  Mercredi 13 août 2015, le président de l’Union Nationale des Étudiants  du Tchad(UNET), Nadjo KAINA a été kidnappé en plein jour par des policiers et conduit dans un lieu jusqu’ici non identifié. Toute la jeunesse estudiantine et civile se trouve noyée dans le désarroi.

Nadjo Kaina Palmer, président de l'UNET - TchadD’abord trainé et placé en garde à vue dans les locaux de la Police Judiciaire (PJ) de N’Djamena, le jeune leader estudiantin sera, quelques heures plus tard, transféré dans un lieu demeuré jusqu’ici inconnu.

« Dans un lieu secret » a sèchement tranché  un policier contacté par des membres de sa famille qui souhaitaient joindre le malheureux.

« C’est parce qu’il mijote des choses contre le régime à travers ses différentes réunions  » continue avec rage l’interlocuteur de ses proches. « Mijoter des choses contre le régime » : la justification a été lâchée par ce flic zélé qui a ainsi laissé transpirer ce que toute l’opinion tchadienne subodorait depuis l’interpellation du jeune Nadjo Kaina.

Pour les connaisseurs des pratiques répressives des services de la police tchadienne comparables seulement  à celles des « tontons macoutes » du régime Duvalier d’Haïti, les autorités judiciaires à la solde d’Idriss DEBY Itno n’auront bientôt aucun scrupule d’accuser, et par la suite d’inculper, « le président de l’UNET pour incitation à un soulèvement populaire contre le régime en place, tentative de coup d’État, ou même de terrorisme ». Le député Saleh KEBZABO a bien été bien payé en la matière !

Pourtant, c’est connu de tous, les étudiants de l’Université de N’Djamena revendiquent uniquement leur seul et inaliénable droit : à savoir le non paiement de leurs bourses depuis au moins six mois.

Après  moult contact et entretiens non concluants avec des personnalités du régime, en sa qualité du président de l’UNET, Nadjo KAINA a multiplié ces derniers temps diverses concertations avec ses collègues du bureau de l’association. Ce qui leur avait offert la possibilité d’organiser une marche pacifique brutalement dispersée par les éléments du GMIP (Groupement Mobile d’Intervention de la Police).

L’objet de l’ordre du jour de la réunion que l’UNET se préparait d’organiser était le vote de l’organisation d’une grève. Informés de ce projet, les ministres Abderahim Bremé (Intérieur) et Mackaye Hassam Taïsso (Enseignement supérieur) se sont mobilisés pour empêcher la tenue de cette réunion décisive pour les étudiants, et même de la torpiller.

Ces deux membres de gouvernement, renforcés par leurs conseillers, auront été jusqu’à tenter de diviser la solidarité estudiantine dans la logique de mettre le président de l’UNET en minorité.

En effet, n’ignorant rien du courage et de l’obstination du leader des étudiants réputé pour ses irréductibles stratégies de pression sur le gouvernement dans la défense des Droits des étudiants, les deux ministres savent bien que tant que le leader est en liberté, les étudiants ne mettront pas le moindre bémol dans leurs revendications absolument légitimes.

Il est de notoriété publique que les étudiants tchadiens, dans leur écrasante majorité sont dans un mécontentement sans bornes. Les tenants du régime totalement au courant de leurs réclamations font pourtant la sourde oreille –  et, ce, nonobstant les  semblants de dialogues avortés, les préavis de manifestations et de grèves depuis le mois dernier.

Le summum de l’ire des jeunes de l’enseignement supérieur aura été la fermeture du  restaurant U de Toukra,  il y quelques semaines.

Pour l’heure, les autorités affirment du bout des lèvres, et non sans morgue, ne pas être en mesure de payer les bourses faute de liquidités financières. Alors que pour passer le mois de ramadan dans son fief d’Amdjaress, le roi du Tchad, Idriss Deby Itno, entouré d’une centaine de ses satrapes, a claqué plus de 50 millions de francs CFA par jour, – multipliez ce chiffre par 30 !

Craignant donc que le mouvement des étudiants descende bruyamment dans la rue, organise des grèves à répétition sur le pavé et débouche par ces faits sur  une crise politiquement incorrecte, les sécurocrates du régime n’ont trouvé d’autre solution que celle du pire : arrêter le leader des étudiants, le mettre dans un cachot secret et décapiter ainsi la tête pensante de la revendication des droits des étudiants. Ce qui est loin d’être une bonne idée.

Une solution qui est loin d’être la meilleure dans la mesure où elle aggrave plutôt les choses.

« Il n’y a aucune affaire politique dans ce mouvement des étudiants, mais ce sont les zélés du régime MPS qui paniquent »  signalent fort à propos des membres de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits Humains (CTDDH) qui apportent ainsi un cinglant démenti à cette hypothèse absolument saugrenue véhiculée par les pontes de ce régime déliquescent parlant d’activisme politique.

Cette association a publiquement fait part de sa vive préoccupation des dérives récurrentes systématiquement pratiquées dans la violation des libertés fondamentales et syndicales dans le pays.

« Plusieurs étudiants ont été arbitrairement arrêtés le mercredi 12 août 2015. Leur tort : avoir réclamé,  par le biais du moyens d’expression pacifique qu’est la marche, leurs  bourses qui leur sont indiscutablement dues par l’État. Il ne faut pas demeurer silencieux face à de telles arrestations » lit-on dans leur communiqué.

Les secrétaires généraux de l’UNET qui se sont réunis dans les locaux de la faculté d’Ardep Jouma exigent la libération sans condition et dans de brefs délais de leur président tout en réclamant une analyse médicale de son état. Puisque d’inquiétantes rumeurs non recoupées avancent que Nadjo KAINA aurait  été molesté par les policiers. Les SG de l’UNET sont fermes et « tiennent le gouvernement responsable de tout ce qui adviendra si ces sollicitations ne sont respectées ».

La Rédaction

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8 Commentaires sur "Tchad : Où se trouve le président de l’Union des Étudiants tchadiens arrêté et embastillé dans un lieu secret ?"

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aina Doud
Invité

Ces enfants sur l’ordre de idriss DEBY ITNO que sa police torturent à ciel ouvert ,les tuent et d’autres ,ils les déportent dans des prisons secrètes ne sont pas venus d’une autre planète . Il faut que le régime mps fasse très s’ il continue de faire cette répression aveugle ,il connaître dans les jours à venir un soulèvement général au Tchad .

BEGOTO hamit adam
Invité

Tchadiens de l’intérieur et de l’extérieur réagissez par tout les moyens que le régime baministe de mps cesse de maltraiter nos enfants de la sorte devant nos yeux .

tchouwou tchatchatchi tchingui
Invité
tchouwou tchatchatchi tchingui

Jeunesse tchadienne ! vous ne devez pas baisser le bras jusqu’ à votre collègue soit lâché et vos droits pris en compte par le gouvernement tchadien.

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