Élection en Gambie: le président Jammeh reconnaît sa défaite

Posté le 3 Déc 2016 - 3:23 Par La Rédaction
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Après 22 années au pouvoir, le président gambien Yahya Jammeh a été battu par l’opposant Adama Barrow, qui va lui succéder.

Une page se tourne en Gambie, accueillie par des manifestations de joie dans les rues de sa capitale. Le président Yahya Jammeh a reconnu sa défaite à la présidentielle face au candidat d’une coalition d’opposition, Adama Barrow. « Il est vraiment exceptionnel que quelqu’un qui a dirigé le pays aussi longtemps ait accepté sa défaite », a déclaré le président de la Commission électorale, Alieu Momar Njie, à la mi-journée.

Les résultats officiels ont été publié en début d’après-midi. Adama Barrow a obtenu 45,5% des voix, contre 36,6% pour le sortant et 17,8% pour le 3e candidat, Mama Kandeh. Yahya Jammeh, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 1994, élu en 1996 puis largement réélu tous les cinq ans depuis, s’était dit certain d’une nouvelle victoire. Ses détracteurs lui prêtaient l’intention de n’accepter aucune autre issue, tant il a dirigé son pays d’une main de fer.

Internet et téléphone rétablis

La télévision d’Etat a indiqué que le battu devait faire une déclaration dans la journée pour féliciter le vainqueur. Jammeh avait prévenu qu’il ne tolérerait aucune contestation des résultats dans la rue, mais exclusivement devant les tribunaux, assurant que la fraude était impossible. Depuis vendredi matin tôt, les forces de sécurité étaient déployées en masse à Banjul, la capitale de ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Le réseau Internet et les communications téléphoniques internationales avaient été coupés depuis mercredi soir afin d’empêcher la diffusion de résultats non officiels. Ils ont été rétablis ce vendredi. La Gambie a également fermé depuis mercredi soir ses frontières terrestres, comme à chaque élection, selon une source de sécurité sénégalaise.

Volonté d’alternance politique

Selon des analystes et l’opposition, c’était la première fois que le régime, qui a survécu à de nombreuses tentatives de coup d’Etat, était sérieusement menacé par un scrutin, au terme d’une campagne marquée par l’expression d’un pluralisme inhabituel.

Malgré la répression, la parole se libère depuis des manifestations en avril pour réclamer des réformes politiques, puis pour dénoncer la mort en détention d’un opposant et la condamnation en juillet à trois ans de prison d’une trentaine de participants à ces rassemblements, dont le chef de l’opposition, Ousainou Darboe.

Les ONG et certaines chancelleries condamnent les violations des droits de l’Homme sous Yahya Jammeh, des accusations qu’il rejette. Beaucoup de Gambiens portent néanmoins à son crédit la stabilité du pays et certains progrès, notamment en matière d’éducation et de santé. Mais de nombreux autres fuient la pauvreté et la répression sur les routes de l’émigration clandestine.

Source : LEXPRESS.fr

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