Les services secrets UK et US lorgnent sur la France et ses intérêts en Afrique

Posté le 17 Déc 2016 - 5:30 Par La Rédaction
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Non, les services secrets britanniques ne se limitent pas à la surveillance de l’Afrique anglophone. La partie francophone du continent n’a pas non plus été négligée, signalent de nouvelles révélations Snowden.
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                 Les services secrets britanniques – Crédit photo AP – Source : Sputniknew

Des ambassades françaises, l’organisation humanitaire Médecins du Monde, le ministère des Affaires étrangères, la Direction générale de la coopération internationale et du développement (DGCID, rebaptisée Direction générale de la mondialisation, du développement et des partenariats) — voilà certains organismes mis sur écoute des services secrets britanniques et américaines.

Ainsi, on trouve les lignes fixes du standard du ministère des Affaires étrangères ou de la DGCID dans les rapports d’écoute, à examiner les documents de l’ancien employé de l’Agence nationale de la sécurité (NSA) Edward Snowden auxquelles ont eu accès Le Monde et The Intercept. Ces archives, de janvier et février 2009, font notamment état de traces d’écoutes sur les pourparlers sensibles pour la libération de six Français du groupe Bourbon, au Cameroun, — les négociations ont été suivies en temps réel par des agents britanniques.

D’autres cibles africaines visées par la surveillance UK et US

La liste des écoutes britanniques et américaines en Afrique est pourtant plus longue. Des interceptions du Government Communications Headquarters (GCHQ), équivalent britannique de la NSA, concernent des dirigeants, des chefs du gouvernement, actuels et anciens, des diplomates, des chefs militaires et du renseignement, des membres de l’opposition et les principaux acteurs de la vie économique et financière de vingt pays africains.

Les relevés en question, que Le Monde s’est procuré, correspondent à un moment donné du travail des techniciens du GCHQ, tandis que ce travail consiste à détourner des flux de communications satellitaires pour procéder ensuite, si possible, à une collecte systématique.

Chefs d’État et premiers ministres

Grace aux mains habiles du GCHQ, le Royaume-Uni a pu intercepter les échanges du président kényan Mwai Kibaki et de ses conseillers stratégiques, compte tenu du fait que ce pays européen est le principal partenaire économique du Kenya. Les échanges du premier ministre Raila Odinga ont été également surveillés (en mars 2009).

Cette même année, la résidence présidentielle angolaise à Luanda, capitale de l’Angola (le pays est dirigé depuis 1979 par le président José Eduardo dos Santos), a été mise sur écoute.

Ensuite, la République démocratique du Congo, le Nigeria, le Ghana, la Sierra Leone, la Guinée et le Togo sont aussi inscrits dans la liste des écoutes du GCHQ.

Entre-temps, certains ex-dirigeants africains ont été suivis de plus près notamment le président nigérian Olusegun Obasanjo (1999-2007), le dirigeant du Sierra Leone Ahmed Tejan Kabbah (1998-2007), tout comme l’ancien président sierra-léonais et chef de guerre Charles Taylor, condamné à une peine de 50 ans de prison pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. En Guinée-Conakry, les anciens premiers ministres du président Lansana Conté, Cellou Dalein Diallo et Lansana Kouyaté, ont été eux aussi mis sous surveillance. En République démocratique du Congo (RDC), l’ex-président Pascal Lissouba (1992-1997) a été étroitement surveillé en 2009.

Diplomates et mouvements rebelles

Les réseaux diplomatiques africains ont subi le même sort que les chefs d’État. Le renseignement britannique a intercepté les emails et a écouté les ministres des Affaires étrangères du Nigeria, du Kenya, du Zimbabwe, du Soudan et de Libye.

Plusieurs ambassades africaines n’ont pas non plus été négligées, ainsi que les ambassades d’Érythrée, de Guinée, du Soudan et d’Algérie en Arabie saoudite, et l’ambassadeur de Syrie dans la capitale soudanaise Khartoum, et les échanges diplomatiques tchadiens.

Les services secrets britanniques ont intercepté d’ailleurs les télécommunications des rebelles dans plusieurs pays du continent africain. Ainsi, les chefs de rébellions au Soudan, aux Emirats arabes unis, au Qatar, au Tchad et en Libye ont été souvent suivis de près par le GCHQ.

Ce qui a peut-être facilité la tâche au GCHQ, c’est le fait que la majorité des opérateurs de télécommunications opérant sur le continent sont également espionnés, tels que le sud-africain MTN, les Saoudiens de Saudi Telecom, France Télécom et Orange.
Les précédentes révélations Snowden avaient dévoilé que la NSA et son équivalent britannique avaient effectué des interceptions des communications des passagers de la majorité des grandes compagnies aériennes, dont Air France.
Source : Sputniknew
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