Les catastrophiques résultats du baccalauréat tchadien en 2013 consacrent la désespérance de la jeunesse tchadienne.

Posté le 25 juil 2013 - 4:20 Par La Rédaction

Au terme de l’année académique 2013, les observateurs attentifs des ratios de réussite des élèves du secondaire ont constaté non sans émoi comment les postulants au baccalauréat, sur tout l’ensemble du Tchad,  ont brillé par leur faiblesse. Une manifestation supplémentaire de l’absence de vision et même d’ambition des dirigeants actuels de notre pays qui pensent plus à fabriquer des tirailleurs  dans des casernes, et à expédier des jeunes sur les champs de bataille à travers l’Afrique,  qu’à former des cadres à même de relever un Tchad dont l’horizon ne doit en aucun cas se limiter à 2025. C’est ahurissant !

Les catastrophiques résultats du baccalauréat tchadien en 2013 consacrent la désespérance de la jeunesse tchadienne.

Les chiffres donnent la chair de poule : sur un total de 70.711 candidats ayant postulé cette année pour le baccalauréat, seulement 6.615 ont obtenu le précieux diplôme ! Ce qui constitue un taux de réussite de 8,71%. Encore que, et c’est davantage scandaleux, la moyenne d’admissibilité aurait été rabaissée       à     8,50/20,  au   lieu  de 10/20.
Ceux qui ont de la mémoire n’ont pas oublié que, déjà, en 2011 et 2012, le trop faible taux de réussite au BAC avait provoqué un profond malaise ressenti jusqu’au plus haut du sommet de l’Etat, et principalement au milieu du corps enseignant, des parents et, forcément parmi les élèves, dont la frustration avait été bruyamment perceptible.
C’est au constat de cette douloureuse situation que le cuisant et nouvel échec collectif de l’année 2013 interpelle vivement tout tchadien un tant soit peu conscient de cette baisse de niveau – invariablement orientée vers le bas –  à tirer les conséquences, toutes les conséquences, de cette faillite indiscutable du système éducatif tchadien.
Car, et il faut le dire sans se voiler les yeux, c’est indubitablement une très importante frange de la jeunesse des deux dernières générations en date qui se retrouve, à l’heure qu’il est, irrémédiablement sacrifiée ; avec comme seule et triste perspective un avenir carrément immolé sur l’autel d’un régime  –  déjà essentiellement inculte –   en tout cas inapte à comprendre que la jeunesse tchadienne, traumatisée depuis plus de vingt ans par la dictature, n’a pas eu la possibilité de bénéficier d’un cadre propice à son développement scolaire. Et ce, à cause des ambitions discutables d’hommes politiques aux ambitions messianiques.
Quelle est, dans ces échecs répétitifs,  la part de responsabilité de la politique éducative de notre pays, et bien plus,  de ceux qui – du sommet de l’Etat – l’initient, l’orientent et la mettent en œuvre depuis 23 ans ? Quelle est celle des enseignants, des parents, ou tout simplement des élèves qui, eux-mêmes, sont plus à plaindre qu’à condamner? Quelle est surtout celle des dirigeants actuels du pays qui sont plus préoccupés par les campagnes militaires et la phobie des coups d’États que de la prise en charge d’une jeunesse qui ne doit, en aucun cas, se limiter à contempler les mirages des effets du pétrole, ou à se doper des slogans irréalistes tendant à faire croire aux seuls naïfs que le Tchad, en 2025, sera comparable au Qatar ou au Brésil? 
A quelle jeunesse – déjà si médiocrement formée – est destinée la flopée d’universités que le régime construit à tour de bras, et de façon ostentatoire, sans s’être assuré que ceux qui y seront inscrits en auront le niveau minimum ?
 
Les lamentables résultats au baccalauréat cette année affichent la cruelle évidence de la ronflante faillite du système éducatif tchadien. La preuve est définitivement faite que les politiques publiques de l’éducation nationale conduites par le régime tchadien essentiellement va-t-en guerre relèvent plus du rafistolage que de l’ambition forte de former une jeunesse valable, compétente, prête à relever les vrais défis de la modernité, et bien au-delà, ceux d’une émergence qui ne doit pas se limiter aux slogans démagogiques. Ce qui caractérise la politique éducative du Tchad, aujourd’hui plus qu’hier, c’est – comme l’a si bien dit un de nos compatriotes – l’incohérence, l’inefficacité, l’inefficience et l’absence absolue d’une vision globale du moment et du long terme. 
 
C’est dur à accepter, mais un niveau d’échec tel que celui qui vient d’être constaté dans notre pays, et auquel s’ajoutent ceux des années passées, préfigure irréversiblement de l’angoisse et de la précarité qui attendent ces milliers d’élèves tchadiens sans le moindre niveau dans leur avenir à moyen terme.
Les retentissements et les conséquences des échecs scolaires d’aujourd’hui remonteront à la surface dans dix, quinze ou vingt ans, et si rien n’est fait aujourd’hui – ou demain matin –  pour inverser cette tendance, il va sans dire que les échecs d’aujourd’hui se transformeront inévitablement en une belle bombe à retardement qui pourrait bien exploser et enflammer le Tchad dans un futur plus ou moins proche.
L’exécration des jeunes a conduit au climat de tension avec les autorités que l’on a enregistrée dans la capitale tchadienne à la suite de la proclamation des résultats du BAC. Ainsi, les échecs à grande échelle des trois dernières sessions du BAC définissent de façon presque prémonitoire la gravité de l’exaspération des jeunes collégiens et lycéens.
Aujourd’hui, c’est quelques 64.000 jeunes survoltés et excités par l’angoisse d’un futur sans perspective qui ont commencé à grogner et à manifester. Dans trois ou quatre ans ce chiffre va connaitre une belle progression géométrique. Que ne pourrait-il pas alors se passer ?
 
Le plus beau cadeau que peut encore offrir l’État Tchadien à sa jeunesse, c’est de lui dessiner la perspective de la construction d’un avenir valorisant dans les meilleures conditions possibles, avec les mêmes chances, d’un accompagnement pédagogique, socio-économique, politique et culturel de qualité. C’est la vision du MACT.
 
Et pour y parvenir, il urge de réfléchir dans le sens de la mise sur pied de réformes vraiment aussi profondes qu’indispensables. Il faudra absolument redéfinir, pendant qu’il est encore temps, le sens et  la substance de l’éducation nationale que nous souhaitons dans un pays comme le nôtre, et bien évidemment plancher sans désemparer  dans la logique d’améliorer la formation du corps enseignant!
A défaut de cela, ce ne sont pas ces prétendus  conspirateurs (dont Deby a si peur) qui mettront à terre le régime honni en place à Ndjamena, mais bel et bien la jeunesse, cette jeunesse qui collectionne les échecs et se trouve tout simplement traumatisée par le manque de formation aujourd’hui.
La jeunesse tchadienne est aujourd’hui  une jeunesse, de plus en plus perdue, de plus en plus déboussolée, de plus en plus désorientée. Elle est en proie au désarroi total et se trouve tétanisée à la croisée de son destin. Mais les gouvernants actuels n’en ont aucune conscience.
Demain, cette jeunesse sous éduquée et sciemment sous qualifiée  risque de s’aventurer sur la seule voie que lui aura offert l’incurie du régime actuel : celle de la violence aveugle et de la rage de la destruction,  les seules voies qu’empruntent les désespérés. Les seules voies que lui indique de façon inconsciente et inconséquente le régime actuel.
 
C’est pour éviter ce futur qui semble s’annoncer apocalyptique que le MACT a inscrit une politique d’éducation nationale efficiente et scrupuleusement pensée dans ses objectifs prioritaires. Pour atteindre le développement économique et social, la priorité des priorités est la formation et la qualification des jeunes.
La Rédaction
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7 Commentaires N'hésitez pas à rejoindre cette conversation.

  1. Denis Iguiri Towein 27 juillet 2013 à 18 h 13 min - Reply

    Le président Idriss Déby et les autres prédateurs ne pensent et rêvent que comment continuer razzier le Tchad ?
    La régression du système éducatif au Tchad est dû en grande partie à la mauvaise volonté du régime issue du mps au pouvoir depuis 23ans.
    Le président Idriss Déby et ceux qui l’entourent, s’en foutaient éperdument de l’éducation nationale moins encore de l’avenir de la jeunesse Tchadienne,
    Personne ne se laissera tromper par les quelques mots lancés par-ci par-là devant les micros par Idriss Déby et ni encore par les discours propagandistes « des maîtres griots » qui soient disant que « l’éducation est la priorité, des priorités de chef de l’état ».
    Depuis sa prise du pouvoir en 1990 et jusqu’à nos jours, Idriss Déby ne cesse de les harceler, de les humilier et de les intimider certains cadres que « ceux qui n’ont pas des diplômes peuvent travailler aussi là où ils sont nommés ».
    Comme Idriss Déby à un niveau scolaire médiocre, il ne veut pas souvent côtoyer dans son entourage des vrais diplômés.
    70 % de la population Tchadienne vit en dessous du seuil de la pauvreté a cause des inégalités sociales très visibles entre les enseignements et certains élèves des familles nouvellement devenues riches, il se crée des sérieux problèmes pour la bonne marche du programme scolaire.
    Les enfants de ces familles viennent souvent avec les voitures de marques perturber et saboter les cours encours dans certains lycées, dans certains collèges et dans certains écoles (privés ou publics).
    Les salaires du corps enseignant sont très bas, donc c’est pour cela que certains enseignants sont poussés à quémander quelques sous auprès de certains de ces élèves en contre partie bien sûr des belles notes de passage en classe supérieure.
    Avant l’école Tchadienne est meilleure de la sous région de l’Afrique centrale, partout à l’étranger les étudiants Tchadiens réussissaient sans problème à s’en acquérir des connaissances et ils revenaient bourrés des diplômes et même l’unesco reconnaît la valeur du Bac Tchadien.

    Tant que ce régime antisociale dure, tout va s’enfoncer encore plus au Tchad.

    Denis Iguiri Towein

  2. Harane Adam 28 juillet 2013 à 0 h 54 min - Reply

    Vous avez tous dû remarquer que notre système éducatif actuel est très malade au Tchad.
    L’école Tchadienne avait commencé à perdre ses lettres de noblesse, donc il lui faut des remèdes et une reforme profonde à sa base pour germer une nouvelle école respectée, avec des dirigeants normales et le pays sur la voie normale.
    Incha’Allah : Tous les Tchadiens attendent les solutions que apportera le Mouvement Pour Le Changement Au Tchad (MACT) pour ressusciter une nouvelle école respectée et respectueuse de tous !

    Harane Adam

  3. Saboun Bourdala 3 août 2013 à 0 h 29 min - Reply

    Tous les Tchadiens doivent regarder dans la même direction pour pouvoir sauver l’honneur de l’école Tchadienne.
    L’ensemble du département de l’enseignement est sapé par le président de la république en nommant des personnes improductives à la tête des directions de ces départements.
    N’est-il pas décourageant pour la majorité des parents et des enfants Tchadiens de voir ce qui ont fait seulement deux à trois ans de cours d’histoires deviennent des fonctionnaires de l’état avec des faux diplômes ?
    Ces 23 dernières années, on entendait certaines familles reprochaient à leurs enfants en ce terme « école alitoum gueretou da mayamfa » ça veut dire que « l’école que vous avez fait est nulle ».
    Ça sous entendait que pourquoi les enfants de telles ou telles familles ont vite trouvé du travail et que vous êtes là à continuer d’aller à l’école ?
    – Peut-être le président de la république ne suivait pas les conseils de ces conseillers sinon pourquoi, il ordonnait aux projets présidentiels de construire des écoles et des lycées là où il n’y a pas des nécessités ?
    Saboun Bourdala

  4. Saboun Bourdala 3 août 2013 à 0 h 33 min - Reply

    Tous les Tchadiens doivent regarder dans la même direction pour pouvoir sauver l’honneur de l’école Tchadienne.
    L’ensemble du département de l’enseignement est sapé par le président de la république en nommant des personnes improductives à la tête des directions de ces départements.
    N’est-il pas décourageant pour la majorité des parents et des enfants Tchadiens de voir ce qui ont fait seulement deux à trois ans de cours du soir deviennent des fonctionnaires de l’état avec des faux diplômes ?
    Ces 23 dernières années, on entendait certaines familles reprochaient à leurs enfants en ce terme « école alitoum gueretou da mayamfa » ça veut dire que « l’école que vous avez fait est nulle ».
    Ça sous entendait que pourquoi les enfants de telles ou telles familles ont vite trouvé du travail et que vous êtes là à continuer d’aller à l’école ?
    Peut-être le président de la république ne suivait pas les conseils de ces conseillers sinon pourquoi, il ordonnait aux projets présidentiels de construire des écoles et des lycées là où il n’y a pas des nécessités ?
    Saboun Bourdala

  5. Nbaitoloum Gamara 5 août 2013 à 3 h 08 min - Reply

    Nous avons su que sous le régime de Idriss Déby, notre école et nos diplômes ne valent rien, mais nous comptons beaucoup Incha’Allah avoir gain des causes quand la vraie justice sociale triomphera en plein jour dans les mois à venir.
    Quand notre pays le Tchad sera émergé de cette justice sociale, nous aussi nous devons accéder aux postes de directeur de la douane, du trésorier payeur général, directeurs des projets présidentiels, directeur de la cimenterie et autres réservés aujourd’hui uniquement aux semi analphabètes de la famille du président de la république.
    En attendant nous continuerons d’essayer de chercher des petits boulots comme :
    – Vendeurs des journaux dans la rue.
    – Vendeurs ambulants (en prenant les marchandises auprès des grands commerçants pour les faire écouler).
    – Aller donner des cours du soir aux enfants des familles aisées à leurs domiciles.
    – Entretenir les jardins « NASSE KOUBAR ».
    – Être ouvriers dans les projets des grandes sociétés (SNER).
    – Être enfants de courses des grands bonnets.
    – Être bergers des troupeaux d’animaux (dromadaires, bovins, ovins et équins) des parents du président de la réplique Idriss Déby.
    – Être secrétaires des illettrés décrétés responsables dans les administrations civiles et militaires.
    – Être crieurs du mps contre quelques miettes du pain.
    – Certains d’entre nous, regagnerons bien sûr, les rangs de la rébellion Tchadienne, aujourd’hui, restée seule alternative possible pour le changement de ce régime maudit au Tchad.

    – Que soit rendue justice aux 90% des Tchadiens lésés dans leurs droits les plus élémentaires.
    Nbaitoloum Gamara

  6. Djou-Djouni 7 août 2013 à 23 h 44 min - Reply

    Quelle discrimination ?
    Depuis 23ans Idriss Déby est entrain de construire chez lui à « Dar-Bilia » à travers leur association, des lycées, des écoles chics, des internats, des centres culturelles franco-arabe, des maisons de passage (hôtes) des terrains de football, des banques, un aéroport de norme international et des installations câbles, des communications téléphonique et des paraboles satellitaire pour les télévisions, tout ça avec l’argent du contribuable Tchadien.
    – Par contre avec sa mauvaise foi (comme une hyène) envers certaines régions du Tchad, il donnait des instructions à ses ministres de l’éducation, à ses gouverneurs d’envoyer des cancres enseigner nos enfants dans des lycées délaissés manquant de tout.
    – Est-ce que certains de ces bacheliers qui n’ont même pas le niveau des élèves de la classe de 4ème peuvent-ils arriver à enseigner dans un lycée ?
    – Or dans sa région de ENNEDI EST (Amdjaress, BAHAI ou autres) Idriss Déby donnait des instructions strictes d’envoyer là-bas des meilleurs professeurs et des maitres d’écoles formés pour enseigner leurs enfants.
    – Par cette façon de faire trainer l’école Tchadienne dans la mauvaise direction, le président Idriss Déby voulait-il abrutir la jeunesse Tchadienne en mettant sous sa croûte ?
    DJOU-DJOUNI

  7. francky sosta 18 août 2013 à 17 h 18 min - Reply

    Le gouvernement et le régime actuel ne sont pas à la hauteur de la situation. Il faut un Vrai remède de cheval pour sauver l’éducation au Tchad. Des écoles sans maître, des universités sans professeurs, des arabophones payés à rien faire… La liste de problème est longue.
    FRANCY SOSTA

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